Ce que j'ai réussi à garder de ce côté-ci de l'existence tient en quelques mots : moi, vie par là-même, puis un mot qui veut dire espoir. Cela, je le garde comme ça; je pourrais le donner; mais, je le garde. Comme ça, même pas la peine d'en parler. Je signifie qu'il me reste de la vie. Même si c'est pour ne pas la partager. Pas par égoïsme, d'ailleurs, mais parce que c'est comme ça. Je suis, il reste une paroi énorme entre moi et les autres, peut-être transparente. Peut-être même qu'on l'oublie la plupart du temps, mais je sais qu'elle est là. C'est comme ça. Je n'ai pas peur, mais je suis triste. Parce que c'est inéluctable. Parce que le temps passe et tout change sauf ça. Alors, on se démène, on écoute même de la musique qui fracasse à corps perdu, mais ça ne sert à rien...
Peine perdue...C'est là !... Alors, on écoute les autres, les sages, peut-être que l'un d'eux a une solution. Mais nib, rien de rien... C'est peut-être même pire, à chaque fois qu'on se tourne vers quelqu'un de différent, c'est pire. Ca double peut-être.Alors ,y'a rien. On peut juste faire semblant de rien, toute sa vie. Juste ça. Et moi, j'ai pas envie de faire semblant. Alors, c'est comme ça. C'est juste là, comme un petit plus. "Y'a du rab, j'vous le mets quand même ?", comme un opercule, un appendice à la vie... "Oh, ben si c'est ça, alors, je prends!..." Y'a des bizarreries dans la nature et j'crois que j'en suis une...