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Une flèche plantée dans l'oeil de l'intolérance.

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Traitement de l’information graphique.

Tout est si bien qu’il finit noyé dans un verre de martini. Lors d’une soirée mondaine, on picore, on rit beaucoup à gorge déployée, on s’envoie des inimitiés fictives, la valeur d’un homme se mesurant au nombre de ses ennemis, et on baille. Bah, roupie de sansonnet que tout cela.

Moi, j’ai chauffé une fille, combinaison de cuir, j’en avais jamais vu comme ça, bien sûr pas du tout mon genre. Mon genre, c’est plutôt celles qui regardent le petit doigt de leur « amie » se lever quand elles boivent leur tasse de thé sur les coups de dix-neuf heures, juste avant le repas, ça fait style, pour ses amies : «  j’ai été bien éduquée. » et, pour elle : « les litres d’alcool bon marché que j’ai ingurgité mon brûlé l’œsophage, je ne supporte plus que le thé « . Mais là, pas du tout, une vraie furie du « Fais-moi mal, Johnny, Johnny, Johnny ! ». Je ne sais même plus comment j’ai engagé la conversation. Sûrement que j’ai dû lui dire que j’étais impressionné par les grosses motos qui font vroum vroum et que c’est la liberté, j’avais vu easy Rider, mes compétences se limitant à quelques kilomètres sur la moto d’un ex à ma sœur pour aller rechercher mes tripes sur le bas-côté de la route.Elle me déclare qu’elle a vu elle aussi Easy Rider, une véritable ode à la Liberté, mais qu’elle ne pratique pas, j’arrive à savoir que ce n’est même pas une accro au sexe dur, même si elle ne cracherait pas sur un bonhomme qui sache lui montrer qui c’est le patron, enfin le tôlier tout du moins, mais que simplement, en poussant mes prérogatives, elle a un sentiment de peur qui frise la quasi-répugnance pour le monde externe qui la pousse à se vêtir ainsi d’une armure pour faire face. Je lui fais remarquer que, loin d’éloigner le danger, cela doit plutôt faire accourir les importuns. Elle me répond qu’elle est habituée et qu’on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs. Je lui répond qu’on peut effectivement tout de même prendre un bout de la coquille pour se la mettre sur la tête. Elle me rétorque qu’elle a déjà vu ça quelque part et que les vaches sont les animaux les plus sensibles. Moins que les humains tout de même, lui fis-je remarquer. Les humains sont les plus faibles en tout donc les plus dangereux parce que les plus intelligents, fait elle. Une intelligence construite, non intuitive, lui fis-je à mon tour. C’est la définition même de l’intelligence, conclut-elle.

Je m’en retournai à mes cliques, à mes claques, Caliméro sauvé des eaux à son insu par un démon vétu de cuir noir et rouge qui lançait un défi à mon intellect.

Facilement, je m’aventurai dans les grands discours à deux balles et figurant l’odieux projet de river son clou à l’impromptue quand, tout d’un coup, au beau milieu d’une explication alambiquée, elle me planta là. Elle était là, essayant de s’intéresser et l’instant d’après, elle n’était plus là.

Faut dire que je le sentais, on sent quand on se plante et je ne sais pas ce qui m’a pris, une crise de bêtise. C’était sans intérêt ce que je disais. C’était du remplissage pour dire qu’elle m’impressionnait. J’avais juste envie de faire l’amour avec elle et elle le savait, alors pourquoi ne pas lui dire? Parce que mon amour était là même en étant à dix mille lieues, que pour moi, la fidélité, ça compte, tout simplement. Et puis, il y a autre chose : je me suis dit : Aucun homme n’est fait pour elle, aucun ne saurait la protéger assez. Et puis, peut-être qu’elle n’aimait que les femmes et que j’aurais voulu qu’elle me le dise.

Comment communiquer avec une femme ? Comment peut on comprendre ses forces, ses faiblesses alors qu’on ne pourra jamais les éprouver. Les femmes ne sont-elles faîtes que pour l’amour ? Si c’est le cas, celle-là était à part.

Quelque chose me dit que jamais je ne la reverrai, pas sous cette forme, en tout cas. C’est l’exact opposé de ce que peut être un seigneur de la guerre chez les hommes. Mais, les hommes et les femmes sont-ils symétriques ? Si oui, depuis quand ? Iront-elles plus loin ?

Toujours un peu plus loin.

Qui sait qui était cette femme ? Qu’est-ce qu’une femme ? Comment un homme peut-il être aussi ridicule que moi ? Il y avait cette traînée d’un fluide imperceptible dans l’air qu’elle a laissé. Était-ce le vent du changement ? Quel changement ?

Ces interrogations m’ont hanté et me hantent encore.

C’est à nous de rattrapper les femmes, elles sont légères. Elles se fondent avec le vent. Elles entrent partout sans rien pénétrer, sans rien abîmer. Elles sont ravies quand on détruit leurs robes.

Elles s’imiscent dans nos vies quand on ne les attend pas.

Elles nous invitent à ne rien garder, à ne rien posséder.

A part elles quand elles en ont envie.

On ne peut rien leur reprocher, mais si on les met en cage, elles ont tous les reproches à nous faire.

Et elles ont raison.

Je dis ça, moi, je n’aime pas les femmes, je n’en aime qu’une. C’est suffisant.

Mais, elles m’intéressent.

Je suis comme un chasseur de papillon qui chasse intentionnellement avec un filet percé.

Je déteste ceux qui les épinglent.

D’autant qu’un papillon, pour peu qu’on sache l’attrapper, ça se laisse épingler sans réagir.

C’est triste, je trouve.

C’est affligent comme spectacle.

Et ça se répète tous les jours.

C’est la vie qui est comme ça.

Elle ne laisse aucune chance.

Moi, je suis assez fou pour penser que les papillons m’ont à la bonne à cause de ça.

Ils s’en foutent plutôt. Je ne sais même pas s’ils réalisent.

Mais, moi, j’m’en fous pas, c’est tout.

J’peux pas être plus concerné sous peine de souffrir.

Ca me rend mélancolique, c’est tout.

Moi, j’garde mon petit bonheur; mon amour joue le rôle et ça se passe bien.

Quand il faut, quand on y pense.

Honni soit qui mal y pense.

On se met des classifications dans la tête qui finissent par nous ôter toute liberté, qui nous en laisse une bien mince en tout cas, celle de fermer sa gueule parce que ça sert à rien de l’ouvrir. On dépense son énergie en vain et on se fait du mal à nous même. J’exagère, ça libère d’une certaine façon, mais on s’enferme. Si on veut quelque chose, vraiment, y’a rien à demander, il suffit de le mériter. Ceux qui obtiennent des choses qu’ils ne méritent pas, ils n’en sont pas heureux.

Quand ces choses nous viennent de l’extérieur sans qu’on les ait demandées, on se sent pleinement conscient d’avoir une juste place parmi les choses. La vie nous fait des cadeaux. Il ne faut pas les déballer. Il faut les réunir dans une grande pièce et les offrir à son tour à la personne avec qui on choisit de partager sa vie. Si elle est intelligente, elle les gardera pour vos enfants qui les garderont à leur tour, s’ils ont du cœur…

Ainsi, on construit une famille et l’on s’inscrit dans une société dont on avait a priori que faire, qui ne nous laissait aucun espace de liberté; eh bien, on s’est réinventé une réalité. Rien de plus, rien de moins.

Quand je pense à toutes les difficultés, mais si on pense à ça, on est mort.

Ils veulent tous notre peau. Tous. Ils vous prieront tous leurs grands dieux que c’est faux, qu’à tout prendre, ils préfèrent partir avant, que c’est dans l’ordre des choses, n’empèche qu’ils se paieront un bon gueuleton après votre enterrement, laissant entendre à qui voudra les croire que c’est une certaine dévotion athée dont la soudaineté ressemble à une illumination. Ce pourrait être pris pour un acte de folie, mais quel médecin leur jettera la pierre ? Ce fut rude !

Tout est contre nous. C’est incroyable que tout se déroule si bien quand on pense que même le fait de respirer nous demande de l’énergie. On croit même au progrès. C’est fou quand on y pense. Et s’il y a une femme, moi, qui peut, quand elle me prend dans ses bras, me faire croire que toutes ces bêtises, c’est la normalité, que puis-je dire : Je l’aime, tout simplement.

 

Adam et Eve, j’y crois pas. C’est un fantasme.. Une histoire qui dit juste qu’on aimerait bien se retrouver seul, quitte à ne pas avoir le choix de sa partenaire et fonder une dynastie qui deviendra l’espèce humaine. Et si Eve avait trouvé Adam tarte et qu’elle avait voulu l’empoisonner en lui faisant un gâteau aux pommes et au venin de serpent ?

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