Une flèche plantée dans l'oeil de l'intolérance.
Il est là. Il en impose. Il sait quoi… Et si j’avais fait cette erreur… Mais, il est là. Il n’a pas besoin de parler. Il mange le connu. Il sait ce qu’il veut, ce qu’il a. Il ne lui manque plus que la confiance. Il n’a plus peur de perdre. Pour l’avenir, peut-être. Quelle importance ?
Après tout, il fait peur aux gens qui pissent devant lui, qui n’osent pas finir, ou pas commencer…
Il a tout bien réglé, n’est-ce pas tout ce qu’une femme peut désirer ? Il n’en fait plus des caisses, plus maintenant. Un temps, oui. Quand il se gargarisait de ses petits schtroumpfs. Mais, désormais, à quoi bon ?
J’ai voulu un moment être son adjoint, je n’aurais été que son élève. Dans le grand appartement, qui n’était pas à lui, qui ne sera plus jamais à moi, qui ne l’a jamais été. J’ai cru un moment y avoir mes quartiers, mais les vautours l’ont mis définitivement hors de portée. Je ne les hais même pas pour ça. Ca me blesse, c’est tout. Tout pourra partir. Comme tout n’est plus là.
C’était ce qui compte et ça ne compte pas. Ca ne compte plus. Restent les mauvais gestes. Même s’ils ne comptent pas, eux non plus, ils ont détruit et ils continuent à détruire. Ils détruisent surtout leurs auteurs, qui s’en prennent aux plus faibles, pour s’oublier.
Comment peut-on être d’équerre face aux fantômes, tout en sachant qu’on a tort.
Je ne leur dirai jamais, moi. Ils le savent et le simple fait de savoir cela tû replace en leurs cœurs meurtris la vérité en plein centre. Le nombre n’y fait rien. Peut-être chercheront-ils à nous séparer… Rien n’y fera. La bonne tête tourne la nuit.
Je ne leur veut pas de mal; à personne, jamais…
Fidélité. Confiance. Tolérance. Liberté.
Vérité.
Les petits sourires en coin, les conciliabules, les mots dorsaux, toutes les égratignures de la vie qui mènent irrémédiablement à la mort. Seulement, dans cette réalité seulement.
Juste ça.
Je ne suis pas parfait. Comme les ronces, j’ai des épines. On a beau les éliminer, elles ont une place dans cette réalité, pour toujours.
Comme les maux dans la bouche d’un être sain attaché sur un lit.
Et l’inhumanité dans les yeux d’un monstre que sa blouse blanche croit protéger. Et l’infinie faiblesse qui est celle de l’être face à l’opiniâtreté du néant.
Et le miel qui coule sur une tartine beurrée face au sacrifice ultime, celui d’un père pour son enfant, inéluctable et réfléchi des années durant, le temps qu’il devienne adulte.
Adulte.