Ca y est, on y est. Le but n'est plus proche, mais atteint. Et là, pif paf, tout va de travers. On le tenait, pourtant. On y était. On avait pratiquement le verre de sangria devant nous sur un plateau. Et là, c'est mort. C'est trop. C'est cassé. Pourtant, ça y était. Le noeud de la victoire qui nous file entre les doigts, le V victorieux qui tourne en eau de boudin : c'est raté ! Fort nous est de nous rendre à l'évidence, on n'est pas des dieux de la gagne. Et ça, dans le dernier virage... On pourait se dire : c'est trop moche, on laisse tomber, pester, rager et puis, laisser pisser. Ca reviendra. La mécanique de la gagne. Le moral d''hypermotivé qui ne laisse rien au hasard. Qui veut gagner. Mais, y'a se planter et se planter ! On a fait fort, là, quand même ! Allez, ce n'est que partie remise. Pour l'avenir. Mais l'avenir, ça se prépare. On peut faire des pieds et des mains, peine perdue si le moral ne suit pas. Le moral, on l'a, en principe. Les jeunes l'ont, gonflé à bloc; soif de réussir, envie de bouffer la vie. A travers eux, aussi, ça reviendra. Si on canalise leur énergie... pour qu'ils puissent durer. Leur avenir aussi, il faut le préparer. Mais, nom de Dieu, que c'est rageant. On étaient jeunes et beaux...et l'instant d'après, une m..., la cata. On ne voudra plus jamais de nous. Ouin, ouin, snif, snif... Fauchés en pleine gloire. Quelle déception ! Mais, le beau temps reviendra. Le temps où on faisait mouiller les filles, rien qu'à les approcher, reviendra. Lui aussi. Avec le beau temps.