Une fois, on a le droit de tout envoyer balader. Et d'aller se balader. Y'a rien qui nous en empêche. Les Routes nous attendent. On n'a pas besoin de se fouler. Elles aiment ça. Et nous aussi. Le vent... Aller le long des routes, sans but à atteindre, sans rien à attendre, sans rien à regretter. Juste le vent. On peut se dire : c'est pas pour nous, les choses bien carrées nous attendent. Elles nous veulent, celles-ci; là bas, rien ne nous appelle. Et vous? Allez voir là-bas si vous y êtes. Peut-être vous y trouverez du bien. Du bien pour vous. Si vous ne commencez pas à vous trouver vous-même... Aller le long des routes, sentir le vent frémir à ses oreilles. Et rien. La sensation brute de la liberté sans les artifices modernes. Savoir qu'on peut mourir ou vivre, on ne sera pas seul, au moins avec tout ça... Tout ça ! On a le sentiment que tout ça, c'est pour nous. Que ça durera toujours ou un instant, mais, au moins, on aura vécu ça. On ne l'oubliera jamais. Sans rien qui nous emprisonne, que les choses qu'on a encore en l'esprit. Mais, on s'en libère, déjà, en un sourire. Et on vit.
Les choses entre-deux, ni noir ni blanches, ni amies ou ennemies, quand il s'agit souvent de passer du temps avec celles-ci pour qu'elles deviennent celles-là. Et contempler, respirer la beauté d'un jardin ou d'une rose. C'est de la peur que naît la violence. Quand on n'a pas peur, elle ne germe pas. Elle laisse la place à tout un champ de possibilités d'évolution. Les champs de la nature et de la nature humaine qui croîssent à l'aventure, au hasard. De celui qui trouvera... Une fleur comme celle-ci ou comme celle-là. Un arrangement original de la nature. De la patience mise à la rencontrer. A la regarder grandir, dans son épanouissement premier. A l'aimer l'espace d'un instant. Puis, s'en souvenir toute sa vie. Une vie qui vaille la peine d'être vécue. Et se laver les pieds, au bord d'un chemin. En prenant tout son temps. Essuyer chaque orteil l'un après l'autre. Aller un petit peu plus loin...